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La périménopause est une période de transition hormonale.
C’est une étape tout à fait normale qui est très importante dans la vie d’une femme.
Ce n’est pas une maladie !
La périménopause débute par des symptômes variés qui ne sont pas tous spécifiques.
Elle n’est pas toujours bien comprise ni identifiée par beaucoup de femmes.
Je vois souvent en consultation la présence de fatigue liée à la périménopause, une baisse du moral et de la libido, des bouffées de chaleur, un sommeil perturbé, une prise de poids, des troubles digestifs, des cycles irréguliers …
Les analyses sont parfois normales et même certains professionnels de santé ne font pas directement le lien entre ces symptômes et cette période clé.
Heureusement, ce sujet n’est plus tabou dans notre société.
Les femmes osent en parler et les articles comme celui-ci permettent de les informer.
Ce qui se passe n’est pas dans votre tête !
Il n’est pas « normal » de devoir supporter les symptômes de la périménopause.
Il existe des solutions naturelles, plus ou moins simples selon les cas, que nous allons aborder pour venir à bout de ces nombreux troubles.
À retenir sur la périménopause
La périménopause est une période de transition hormonale normale précédant la ménopause.
Les symptômes de la périménopause peuvent inclure fatigue, troubles du sommeil, bouffées de chaleur, prise de poids ou cycles irréguliers.
Cette période dure généralement 4 à 8 ans.
Les fluctuations hormonales influencent le système nerveux, le métabolisme et le microbiote intestinal.
Une approche globale (sommeil, alimentation, diminution du stress, activité physique, micronutrition) peut améliorer les symptômes.
Qu’est-ce que la périménopause ?
Définition de la périménopause
La périménopause correspond à la période de transition autour de la ménopause qui commence lorsque les cycles menstruels deviennent irréguliers.
Elle évolue vers la ménopause définitive qui est marquée par l’arrêt du fonctionnement des ovaires et une absence de règles pendant 1 an.
On entend parler parfois de préménopause mais ce terme plus vague est moins utilisé en médecine.
À quel âge commence la périménopause ?
Souvent entre l’âge de 40 et 50 ans, mais parfois plus tôt.
Il y a une grande variabilité individuelle à ce sujet, qui dépend notamment du stock d’ovocytes que possède chaque femme.
Combien de temps dure la périménopause ?
Elle dure en moyenne plusieurs années, de 4 à 8 ans.
Elle est marquée par une fluctuation des hormones et une évolution progressive vers la ménopause.
Pourquoi les hormones fluctuent pendant la périménopause ?
Baisse progressive de la progestérone
Dans un premier temps les cycles deviennent plus courts avec une baisse de la phase lutéale (ou folliculaire) et une diminution de la progestérone.
Puis dans un deuxième temps on voit des cycles avec une hausse de la phase folliculaire, mais on peut avoir une alternance de cycles courts et longs.
Au fil du temps, il va y avoir l’apparition de cycles anovulatoires.
La variation hormonale se traduit surtout par une hyperœstrogénie relative : avec un excès d’oestrogène et/ou un déficit de progestérone.
Variations importantes de l’œstradiol
Il y a des pics et des chutes hormonales, ce sont les montagnes russes pour la synthèse des oestrogènes dans cette période !
C’est pourquoi cela impacte autant l’humeur et l’énergie qui peuvent varier considérablement.
La femme et son entourage subissent ces soubresauts, mais ce n’est pas une fatalité !
C’est là qu’il faut commencer à agir, nous le verrons plus loin.
Influence sur d’autres hormones
Les glandes surrénales fournissent des précurseurs hormonaux des oestrogènes (DHEA, androstènedione, cortisol) lorsque l’activité ovarienne diminue.
Leur bonne santé est très importante pendant cette période, et s’il y a une faiblesse surrénalienne, la chute hormonale sera plus importante.
L’insuline a également un impact via la prise de poids et l’insulino-résistance qui vont majorer les symptômes de la périménopause, activant le phénomène d’aromatisation.
La fonction thyroïdienne influence fortement la périménopause car :
- les œstrogènes modifient la disponibilité des hormones thyroïdiennes
- la thyroïde régule le métabolisme hormonal global
- le stress peut perturber la fonction thyroïdienne.
Ainsi, les deux systèmes hormonaux sont étroitement interconnectés et de nombreux symptômes de périménopause ressemblent à ceux de l’hypothyroïdie !
Les symptômes de la périménopause peuvent être nombreux et parfois difficiles à identifier.
Quels sont les symptômes de la périménopause ?
Fatigue et manque d’énergie
Cette fatigue est souvent persistante et c’est l’un des symptômes les plus fréquents de la périménopause.
La récupération est difficile même si le sommeil semble plutôt bon.
Mais ce n’est pas un signe spécifique et de nombreuses choses peuvent expliquer une fatigue !
J’explique en détail l’approche que j’utilise dans cet article :
La consultation pour fatigue chronique chez la femme
Troubles du sommeil
Ils peuvent être caractérisés par des réveils nocturnes, de l’insomnie, un sommeil non réparateur.
Il est très important de s’occuper en priorité de cet aspect, un sommeil de qualité est le socle d’une bonne santé.
Cycles menstruels irréguliers
Comme nous l’avons vu plus haut, des cycles qui deviennent irréguliers sont un signe d’apparition de la périménopause.
Cela est souvent associé à du spotting qui sont des petits saignements intermenstruels.
La fin des cycles sera ensuite marquée par l’arrêt des menstruations.
Bouffées de chaleur et troubles vasomoteurs
On peut voir soit des montées de chaleur soudaines, ou bien très souvent une sudation nocturne excessive.
Cela perturbe fortement le sommeil et doit donc être pris en charge, ce n’est pas une fatalité !
Le phénomène de jambes lourdes est également fréquent.
Variations de l’humeur
Ces troubles sont très connus :
- irritabilité
- anxiété
- baisse de motivation
Les femmes arrivent même à ne plus se reconnaître.
Même avec le soutien de leur conjoint, des femmes m’ont fait part de la grande difficulté à vivre cette période car elles ne se reconnaissent plus …
Prise de poids
Elle s’explique surtout par la baisse de la progestérone qui a normalement un effet modérateur sur l’insuline et sur le stockage lipidique.
Mais avec les œstrogènes qui diminuent progressivement, la distribution des graisses change, avec plus de graisse abdominale, et il y a plus de rétention d’eau.
On observe très souvent un ralentissement métabolique avec une diminution de l’activité mitochondriale et une perte de masse musculaire.
Baisse de la libido
Il y a une grande influence hormonale, mais aussi l’intervention de la fatigue et du stress.
Chaque femme vit plus ou moins bien cette période et ne devrait pas culpabiliser si c’est le cas.
Là encore, une prise en charge nutritionnelle peut significativement améliorer les symptômes de la périménopause.
Troubles digestifs
Les hormones sexuelles influencent la motricité intestinale, la perméabilité intestinale et l’inflammation digestive.
On observe régulièrement des ballonnements, et un transit perturbé.
Il y a aussi une modification de la composition du microbiote dont certaines bactéries modifient le métabolisme des œstrogènes.
Pourquoi la périménopause peut provoquer autant de symptômes ?
Impact sur le système nerveux
La périménopause s’accompagne souvent d’une modification de la réponse au stress.
L’axe cerveau / intestin / système nerveux autonome devient plus sensible.
Le stress peut provoquer :
- spasmes intestinaux
- reflux gastro-œsophagien
- ballonnements
- douleurs abdominales.
De plus, la périménopause influence les neurotransmetteurs par plusieurs mécanismes :
- fluctuations d’œstradiol modulant sérotonine, dopamine et noradrénaline
- diminution de progestérone et des neurostéroïdes
- modification du système GABA
Ces interactions expliquent pourquoi la périménopause est souvent associée à des changements cognitifs et émotionnels très invalidants au quotidien.
Impact sur le métabolisme
La baisse des œstrogènes est associée à une augmentation du risque de résistance à l’insuline et à une modification de la distribution des graisses (Carr, 2003).
Lorsque les niveaux d’estradiol deviennent fluctuants ou diminuent progressivement en périménopause, on observe souvent une diminution de la sensibilité à l’insuline et une augmentation du risque de résistance à l’insuline.
La diminution de l’influence œstrogénique entraîne également un changement dans la répartition des graisses avec une augmentation du stockage abdominal viscéral.
Ce type de graisse est de plus associé aux troubles métaboliques.
Impact sur le microbiote intestinal
Les variations d’estradiol et de progestérone peuvent modifier :
- la diversité bactérienne
- la perméabilité intestinale
- la production d’acides gras à chaîne courte (AGCC)
Plusieurs études montrent que les hormones sexuelles interagissent avec le microbiote intestinal, ce que l’on appelle parfois l’« estrobolome » (Baker et al., 2017 ; Flores et al., 2012).
Cela impact le lien intestin-hormones, l’inflammation et même l’activité des mitochondries !
Pourquoi les analyses sont parfois normales ?
Variabilité hormonale
Les fluctuations rapides ne se voient pas forcément, tout dépend du moment auquel sont faites les analyses.
Il y a une variation au cours du cycle, et une variation liée à la périménopause.
Tous les cas de figure sont possibles et les résultats des analyses hormonales habituelles sont difficiles à interpréter.
Cependant, des bilans plus larges permettent de comprendre le rôle des précurseurs hormonaux (prégnénolone, DHEA ) qui influencent la bonne synthèse des hormones sexuelles.
Normes biologiques larges
On observe une différence entre les normes statistiques des laboratoires et les normes « santé » plus exigeantes.
Des explorations biologiques approfondies sont nécessaires afin d’être en mesure de rétablir un socle nutritionnel suffisant pour assurer un fonctionnement optimal de votre métabolisme.
En effet de nombreuses femmes présentent des symptômes malgré des analyses normales.
J’aborde ce phénomène dans mon article :
Fatigue chez la femme malgré des analyses normales
Les facteurs qui peuvent aggraver les symptômes
Stress chronique
Il joue sur le moral, la motivation, le sommeil, la sphère digestive, la synthèse hormonale …
La diminution du stress est une clé importante sur laquelle je ne fais jamais l’impasse dans mes prises en charge.
Carences micronutritionnelles
- Magnésium qui influe négativement sur le stress, la fatigue, et toutes les réactions énergétiques de notre métabolisme
- fer : on connaît son rôle sur la fatigue et le transport de l’oxygène, mais il est également un cofacteur de synthèse des neurotransmetteurs
- vitamine D : on parle aujourd’hui d’hormone D tellement ses rôles sont multiples et importants pour l’organisme
- iode : primordial pour la synthèse des hormones thyroïdiennes mais également pour la protection de nombreux cancers.
- Omégas 3 : ils rentrent dans la composition des membranes de toutes nos cellules et ont une influence majeure sur l’ensemble de notre métabolisme et sur l’inflammation.
Bien d’autres nutriments sont à prendre en compte, mais ces 5 là sont primordiaux.
Je vois en consultation de très nombreuses femmes multi-carencées qui ne peuvent même pas assurer un fonctionnement correct de leur métabolisme de base.
Troubles digestifs
Avec le ralentissement du métabolisme, on observe souvent :
- de la constipation,
- des ballonnements,
- une alternance de diarrhées et de constipation
- une digestion lente
- une sensibilité alimentaire accrue
Manque d’activité physique
La littérature scientifique est maintenant claire à ce sujet, l’activité physique est un facteur protecteur majeur pour rester en bonne santé, éviter la fonte musculaire et le déclin cognitif qui guettent tous les sédentaires !
Il est particulièrement important d’insister sur la musculation et les exercices de force.
J’y reviendrai dans un article dédié.
Que faire pour mieux vivre la périménopause ?
Une approche globale est nécessaire, elle découle de tout ce que l’on vient de voir dans cet article :
- Sommeil
- activité physique
- nutrition
- stress
- micronutriments
Adapter l’alimentation
Si ce n’est pas déjà fait, des solutions simples s’imposent :
- apport de protéines suffisants, et de qualité
- arrêt des aliments ultra-transformés pourvoyeurs de perturbateurs endocriniens délétères
- diversité et couleurs dans l’assiette
- consommation d’omégas 3
- travail sur le microbiote et l’inflammation
Améliorer le sommeil
Nous avons de nombreux leviers nutritionnels et organisationnels.
Les écrans le soir et leur lumière bleue ne sont pas vos amis.
Réduire le stress
Activité physique, travail sur la respiration, équilibre des neurotransmetteurs sont des leviers importants.
On parle également beaucoup de charge mentale et clairement l’entourage peut grandement aider en étant conscient des difficultés inhérentes à la périménopause.
Corriger les carences
Aucune pyramide de santé solide ne peut se construire sur des sables mouvants.
L’image est suffisamment parlante et c’est une réalité que je constate tous les jours.
Lorsque l’on corrige des carences majeures, des améliorations notables sont au rendez-vous.
Se faire accompagner si nécessaire
Vous le comprenez à la lecture de cet article, le nombre de paramètres à prendre en compte est important.
Les informations disponibles ne sont pas toutes de bonne qualité et il est préférable de se faire accompagner par un professionnel spécialisé dans le domaine.
Quand consulter pour des symptômes de périménopause ?
Si vous constatez :
- une fatigue persistante
- des troubles digestifs
- une prise de poids inexpliquée
- un sommeil perturbé
- une anxiété, une baisse de motivation sans raison apparente
- une libido perdue
Alors n’attendez surtout pas que la ménopause soit totalement installée pour agir !
En conclusion
La périménopause est tout à fait normale.
Ce qui est anormal, c’est de ne pas chercher à améliorer des symptômes qui peuvent être extrêmement handicapants.
Il est nécessaire d’adopter une approche globale et rigoureuse pour aider les femmes qui en souffrent.
Je serai ravi de pouvoir répondre à vos questions et à vos commentaires !
Questions fréquentes sur la périménopause
La périménopause peut-elle provoquer une grande fatigue ?
Oui, la fatigue est l’un des symptômes fréquents de la périménopause. Les fluctuations hormonales peuvent influencer le sommeil, le métabolisme et la gestion du stress.
Combien de temps dure la périménopause ?
La périménopause dure en moyenne entre 4 et 8 ans, mais cette durée peut varier selon les femmes.
La périménopause fait-elle prendre du poids ?
La baisse progressive des œstrogènes peut modifier le métabolisme et favoriser une prise de poids abdominale, surtout en cas de stress ou de sédentarité.
Comment savoir si je suis en périménopause ?
Les signes les plus fréquents sont :
cycles irréguliers
fatigue persistante
troubles du sommeil
bouffées de chaleur
changements d’humeur
Comprendre est souvent la première étape vers plus d’énergie et de clarté.
Chaque parcours mérite une écoute et une approche individualisée.
Les informations présentées sur ce site ont une vocation informative et éducative.
Elles ne constituent pas une consultation médicale et ne remplacent pas un avis personnalisé avec un professionnel de santé.
À propos de l’auteur
Arnaud Brun est docteur en pharmacie spécialisé en micronutrition, et moniteur de Hatha Yoga.
Il s’intéresse particulièrement aux interactions entre alimentation, activité physique, métabolisme et santé hormonale.
© Arnaud Brun – Tous droits réservés.
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Dr Arnaud Brun – Micronutrition & Vitalité – lien vers l’article original.
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